Apprendre sa religion peut sembler évident lorsque tu veux te rapprocher d’Allah, apprendre à le connaître et à mieux L’adorer. Pourtant, pour certaines personnes, le simple fait de s’asseoir devant un cours, de prendre des notes ou de prévoir un temps de révision peut faire remonter une multitude de blocages : peur de ne pas retenir, impression de ne pas être assez intelligent, difficulté à travailler régulièrement, découragement dès que les résultats ne viennent pas assez vite…
Et parfois, le problème ne vient pas du tout d’un manque d’envie d’apprendre.
Tu peux aimer apprendre ta religion tout en ayant beaucoup de mal avec les révisions. Tu peux apprécier tes cours, être passionné par une matière et pourtant ressentir une véritable appréhension lorsqu’il faut ouvrir ton cahier et travailler seul.
Pourquoi ? Parce que ton rapport aux études ne s’est pas construit uniquement autour de tes capacités. Il s’est aussi construit autour de tes expériences.
Si tu as longtemps eu le sentiment de ne pas trouver ta place à l’école, de devoir travailler d’une certaine manière, de fournir énormément d’efforts sans avoir l’impression que cela suffisait, il est compréhensible que les mots réviser, apprendre ou travailler soient encore associés à cette période.
Mais étudier ta religion n’a pas besoin de reproduire ce que tu as vécu à l’école.
Apprendre sa religion après une mauvaise expérience scolaire
Le système scolaire demande souvent aux élèves de fonctionner dans un cadre commun : mêmes horaires, mêmes méthodes d’évaluation, mêmes échéances, même rythme général. Or, nous n’apprenons pas tous de la même manière.
Et lorsqu’une personne ne correspond pas à la manière de travailler attendue, elle peut finir par tirer une conclusion :
« Je ne suis pas faite pour apprendre. »
Puis, quelques années plus tard, cette pensée peut ressurgir lorsqu’elle commence à apprendre sa religion.
Pourtant, avoir eu des difficultés à l’école ne signifie pas être incapable d’étudier les sciences islamiques. Avoir détesté les révisions ne signifie pas que tu n’aimes pas apprendre. Avoir eu besoin de davantage de temps que les autres ne signifie pas être moins intelligent.
Il est nécessaire de faire une distinction entre ce que tu as vécu dans ton parcours scolaire et la personne que tu es aujourd’hui en tant qu’étudiant de science.
Ce travail peut prendre du temps, surtout lorsque certains réflexes sont installés depuis des années. Mais il est possible de reconstruire progressivement un rapport plus serein à l’apprentissage.
Apprendre sa religion, ce n’est pas retourner à l’école
C’est peut-être l’une des premières choses à te rappeler lorsque tu commences un nouveau cours.
Tu n’es pas en train de retourner au collège ou au lycée.
Tu n’as pas besoin de retrouver exactement la même organisation, les mêmes habitudes ou la même pression.
Tu entres dans un autre cadre, avec une autre intention et un autre objectif.
À l’école, l’objectif pouvait être une note, un diplôme, une orientation ou la validation d’une année. Dans l’apprentissage religieux, l’intention est différente : apprendre ce qui te permet de mieux connaître ta religion, d’adorer Allah avec science, de comprendre Sa Parole et de mettre en pratique ce que tu apprends.
Cela ne signifie évidemment pas que l’étude religieuse ne demande aucun effort.
Il faut travailler. Il faut parfois relire plusieurs fois. Il faut mémoriser certaines notions, faire des exercices, revenir sur un cours que l’on croyait pourtant avoir compris.
Mais l’effort n’a pas besoin d’être accompagné de la même pression que celle que tu as peut-être connue auparavant.
Tu n’as pas besoin de te comparer constamment à la personne qui avance plus vite.
Tu n’as pas besoin de considérer chaque oubli comme la preuve que tu es incapable.
Et surtout, tu n’es pas face à un professeur qui cherche simplement à te sanctionner si tu ne réussis pas.
Un enseignant est là pour te transmettre, te corriger, répondre à tes questions et t’aider à progresser. Si une méthode ne fonctionne pas pour toi, cela peut justement être l’occasion de chercher ensemble une autre manière d’avancer.
C’est aussi pour cette raison que choisir un cadre d’apprentissage adapté à ton rythme peut réellement changer ton expérience de l’étude religieuse.
Comment apprendre sa religion sans se mettre une pression inutile ?
Il n’existe pas une seule manière d’étudier qui conviendrait à tout le monde.
Tu peux donc commencer par expérimenter.
Et plutôt que de chercher immédiatement la méthode parfaite, essaie simplement de comprendre ce qui t’aide, toi.
Teste différents moments pour apprendre ta religion
Es-tu plus concentré le matin ou le soir ?
Après le fajr, ton esprit est peut-être particulièrement disponible. Pour une autre personne, c’est au contraire en fin de journée, lorsque toutes les obligations sont terminées, qu’elle arrive réellement à se poser.
Teste les deux.
Tu n’as pas besoin de décider une fois pour toutes que « je suis quelqu’un qui étudie le matin ». Observe simplement ce qui fonctionne.
Teste différentes manières de réviser
Tu peux relire ton cours, mais tu peux aussi fermer ton cahier et essayer de l’expliquer avec tes propres mots, comme si tu étais en train de l’enseigner à quelqu’un.
Tu peux demander à un proche ou à un camarade de te poser des questions.
Tu peux transformer certaines notions en questions-réponses.
Tu peux écrire ce dont tu te souviens sans regarder ton cours, puis vérifier ce qui manque.
L’objectif n’est pas de rendre les révisions compliquées. C’est de trouver une manière de travailler qui t’oblige réellement à t’approprier ce que tu as appris.
Teste ton environnement
Il peut également être utile de regarder l’environnement dans lequel tu étudies.
As-tu besoin de silence complet ? D’une boisson chaude à côté de toi ? D’un bureau rangé ? D’une lumière douce ? D’une petite séance de vingt minutes plutôt que d’une heure entière ?
Ce sont de petits détails, mais ils peuvent changer la manière dont tu abordes ton temps d’étude.
Et surtout, ne cherche pas à reproduire la méthode de quelqu’un d’autre simplement parce qu’elle fonctionne pour lui.
Ton objectif n’est pas d’étudier comme les autres. Ton objectif est de progresser.
Une méthode simple pour trouver ta façon d’apprendre ta religion
Pendant quelques semaines, tu peux tenir un petit carnet d’observation.
Après une séance de révision, note simplement trois choses :
- Qu’ai-je étudié ?
- Qu’est-ce qui m’a aidé à retenir ou à comprendre ?
- Qu’est-ce qui m’a rendu la séance plus difficile ?
Tu remarqueras peut-être progressivement des tendances.
Tu retiens mieux lorsque tu expliques à voix haute ? Garde cette méthode.
Tu as besoin de séances courtes ? Organise ton travail ainsi.
Tu es beaucoup plus efficace lorsque tu étudies avec une autre personne ? Cherche un camarade de révision.
Tu as tendance à procrastiner lorsque tu te dis que tu dois travailler deux heures ? Commence par vingt minutes.
Ce petit travail d’observation permet surtout de sortir d’une idée très décourageante : « Je ne sais pas apprendre. »
Tu es peut-être simplement encore en train d’apprendre comment tu apprends.
Apprendre sa religion demande de la régularité, pas de la perfection
Il faut aussi accepter une réalité : tu n’auras pas envie d’étudier tous les jours.
Même lorsqu’on aime profondément une matière, il y aura des jours où l’on sera fatigué, distrait ou simplement sans motivation.
Et ce n’est pas grave.
Le piège serait de penser : « Aujourd’hui je n’ai pas envie, donc je ne vais rien faire. »
Puis de laisser passer plusieurs jours, puis plusieurs semaines, avant de reprendre.
Une petite séance faite régulièrement vaut mieux qu’un grand programme que tu n’arrives pas à tenir.
Il y aura aussi des moments où tu travailleras sans avoir l’impression de progresser.
Tu reliras ton cours et auras l’impression de ne rien retenir.
Tu réviseras une notion déjà étudiée et découvriras que tu l’as oubliée.
Tu auras peut-être même l’impression de recommencer sans cesse.
Pourtant, tous ces retours ne sont pas inutiles.
C’est justement en revenant sur les mêmes connaissances que certaines notions finissent par devenir familières, puis solides. Et lorsque tu commences à constater que tu te souviens d’un cours étudié quelques semaines auparavant, cette progression devient elle-même une source de motivation.
Apprendre sa religion à plusieurs peut aussi aider
Avoir une personne avec qui échanger sur un cours, se poser mutuellement des questions ou simplement se rappeler qu’il faut réviser peut rendre l’étude moins lourde.
Tu peux par exemple te retrouver une fois par semaine avec une autre personne pour revoir ensemble ce qui a été étudié. Pas besoin d’organiser quelque chose de compliqué.
L’essentiel est de ne pas rester seul face à toutes tes difficultés.
Si tu rencontres un blocage dans ton apprentissage, parle-en à ton enseignant. Si tu as du mal à t’organiser, dis-le. Si tu ne comprends pas pourquoi tu n’arrives pas à retenir une notion, pose la question.
Et entoure-toi de personnes qui comprennent elles aussi ce que signifie avancer dans la recherche de la science.
L’apprentissage religieux est un chemin qui se parcourt sur la durée. Tu n’as pas besoin de tout maîtriser immédiatement.
Rappelle-toi que lorsque tu étudies ta religion avec l’intention de te rapprocher d’Allah, chaque effort prend une autre dimension. Tu n’es pas simplement en train de remplir des pages de notes ou de préparer un examen.
Tu cherches à mieux connaître ce qu’Allah aime, à comprendre ta religion et à pouvoir L’adorer avec davantage de science et de clairvoyance.
Alors si les études ont laissé derrière elles quelques blessures, ne laisse pas ces expériences décider de ce dont tu es capable aujourd’hui.
Tu as peut-être simplement besoin d’un nouveau cadre, d’une nouvelle méthode et surtout d’un peu de temps pour te réconcilier avec l’apprentissage.
Et si tu as besoin d’être accompagné dans ce chemin, l’Institut Al-Ayah propose des cours en ligne d’arabe, de Coran et de sciences islamiques, avec des formats en direct ou en différé afin de permettre à chacun d’avancer selon son organisation.
Qu’Allah facilite ton chemin dans la recherche de la science, t’accorde la sincérité, la constance et une science bénéfique, et fasse de chaque pas accompli vers Sa satisfaction une cause d’élévation pour toi.